l’immunité collective pourra être atteinte dans l’UE à la mi-juillet, insiste Thierry Breton

Le commissaire européen chargé des vaccins, Thierry Breton, le 18 mars, à Copenhague.

L’immunité collective contre le nouveau coronavirus (SARS-CoV-2) pourra être atteinte pour les 450 millions d’habitants de l’Union européenne (UE) à la mi-juillet, a déclaré à nouveau lundi 5 avril Thierry Breton, le commissaire européen à l’industrie chargé du déploiement des vaccins. Si des pays, comme le Portugal, commencent à lever certaines mesures de restriction, la pandémie continue de prospérer un peu partout dans le monde.

Le Covid-19 a fait plus de 2,8 millions de morts dans le monde depuis la fin de décembre 2019, selon un bilan établi par l’Agence France-Presse (AFP) à partir de sources officielles, lundi en milieu de journée.

Les Etats-Unis sont le pays le plus endeuillé avec 555 000 morts, devant le Brésil (331 000), le Mexique (204 000), l’Inde (165 000) et le Royaume-Uni (126 000). Ces chiffres sont globalement sous-évalués. Ils se fondent sur les bilans quotidiens des autorités nationales de santé, sans inclure les réévaluations reposant sur des bases statistiques.

  • L’immunité collective attendue dans l’UE à la « mi-juillet »

A la fin du mois de mars, il avait jugé possible une immunité collective le 14 juillet dans l’UE. Lundi, Thierry Breton réaffirme dans Le Parisien que cet objectif pourra être atteint à la « mi-juillet ».

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« Nous avons (…) désormais une vraie visibilité de ce qui se passe, de la fabrication au stockage, en passant par la mise en flacon ou les tests », déclare le commissaire européen à propos de la fabrication des vaccins contre le Covid-19.

« Quatorze millions de doses ont été livrées en janvier à l’UE, 28 millions en février et 60 millions en mars. Pour le trimestre suivant, nous passons à 100 millions en avril, mai et juin. Puis 120 millions à l’été et nous atteindrons un rythme de croisière de 200 millions à partir de septembre », ajoute-t-il, en marge d’un déplacement chez un sous-traitant pharmaceutique de Moderna, à Chenôve (Côte-d’Or). Sur l’ensemble du second semestre, plus de 800 millions de doses auront été livrées à l’UE, selon Thierry Breton.

Evoquant la lenteur du déploiement de la vaccination en Europe, le commissaire européen met, par ailleurs, directement en cause le laboratoire AstraZeneca. « Si nous avions reçu les 100 % de vaccins AstraZeneca qui nous étaient contractuellement destinés, l’Union européenne serait aujourd’hui au même niveau que la Grande-Bretagne en termes de vaccination », déclare-t-il. « Je l’affirme donc, le trou d’air que nous avons enregistré provient uniquement des défauts de livraison d’AstraZeneca », poursuit-il, ajoutant que l’Europe examine cette situation d’un point de vue juridique.

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  • Boris Johnson appelle les Britanniques à la patience pour les voyages à l’étranger

Une pinte en terrasse, oui, des vacances à l’étranger, pas encore : le premier ministre britannique, Boris Johnson, a donné lundi son feu vert à la prochaine étape de la sortie du confinement au Royaume-Uni, mais il a demandé à ses concitoyens, pressés de partir au soleil après un long hiver confiné, de faire preuve de patience.

La nette amélioration de la situation sanitaire du pays, le plus touché en Europe par le Covid-19 (près de 127 000 morts) et confiné depuis le début de janvier, et la progression de la vaccination (la quasi-totalité des plus de 50 ans ont reçu au moins une dose) donnent des envies de voyage aux Britanniques.

Malgré la pression croissante, Boris Johnson s’est contenté lundi de confirmer la réouverture, le 12 avril en Angleterre, des commerces non essentiels – tels les coiffeurs, des terrasses des pubs ou les salles de sport. Il a refusé, en revanche, de préciser une date pour l’autorisation des voyages à l’étranger, interdits en l’état jusqu’au 17 mai, sauf pour raison essentielle.

« Je ne veux pas être otage du sort ni sous-estimer les difficultés que nous voyons dans certains pays où les gens ont envie d’aller », a déclaré le dirigeant conservateur lors d’une conférence de presse. « Nous ne voulons voir le virus réimporté dans ce pays depuis l’étranger. Il y a une résurgence dans certaines parties du monde », a-t-il ajouté.

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Le gouvernement s’est contenté de publier les grands principes encadrant les futurs voyages : un système de feu tricolore pour classer les pays selon le degré d’avancement de leur vaccination, leur taux de contaminations ou la présence de variants inquiétants.

Les destinations « vertes » seront exemptes de quarantaine au retour – un test avant le départ et après l’arrivée sera toutefois requis –, contrairement aux pays figurant sur les listes « orange » (tests et quarantaine à la maison) et « rouge » (arrivées limitées aux résidents, coûteuse quarantaine à l’hôtel et tests).

Pour garder le contrôle sur le virus, le gouvernement prévoit aussi de tester un système de passeport sanitaire pour les rassemblements de masse en Angleterre, comme les matchs de football et les événements en salle.

  • Sortie de confinement au Portugal et en Grèce, Kiev renforce ses restrictions

A la terrasse d’un café dans le quartier de Chiado, à Lisbonne, le 5 avril 2021. Le Portugal a rouvert ses musées, terrasses et écoles secondaires après presque deux mois de confinement strict.

Musées, collèges et terrasses de café rouvrent lundi 5 avril au Portugal, plus de deux mois après leur fermeture. Après la réouverture des écoles primaires le 15 mars dernier, c’est au tour lundi des collégiens de reprendre le chemin de leurs établissements. Les cafés ne pourront accueillir que quatre personnes par table, uniquement en terrasse, et les musées devront adapter leurs horaires d’ouverture.

Si la situation sanitaire le permet, les lycées, les universités et les salles de spectacle rouvriront, de leur côté, le 19 avril, et les restaurants, au début de mai. Quant aux restrictions de passage aux frontières, elles sont prolongées jusqu’à la mi-avril.

La Grèce, elle, a autorisé lundi la plupart des magasins à rouvrir, malgré des chiffres de contamination toujours inquiétants. Expliquant qu’il fallait permettre aux habitants de « décompresser », le gouvernement espère aussi relancer l’économie. Partisane du passeport vaccinal, la Grèce espère relancer le tourisme dès la mi-mai, lequel représente habituellement une part importante de son revenu.

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A l’inverse, la ville de Kiev a imposé de nouvelles restrictions, réservant les transports en commun aux employés des secteurs dits essentiels et fermant ses écoles maternelles et élémentaires.

  • Seules les personnes vaccinées pourront faire le petit pèlerinage durant le ramadan

Seules les personnes vaccinées ou immunisées contre le Covid-19 seront autorisées à effectuer l’oumra (« petit pèlerinage ») à La Mecque durant le mois de jeûne musulman du ramadan, qui commence à la mi-avril, ont annoncé lundi les autorités d’Arabie saoudite.

  • Bombay et le Bangladesh se reconfinent

En Inde, l’Etat le plus touché par le Covid-19, qui comprend la mégalopole de Bombay, a mis en place de nouvelles restrictions lundi, alors que le pays a enregistré pour la première fois plus de 100 000 nouveaux cas en vingt-quatre heures. L’Etat du Maharashtra va imposer un confinement le week-end et un couvre-feu nocturne à ses 110 millions d’habitants.

Le Bangladesh voisin a, pour sa part, commencé lundi un confinement de sept jours pour combattre la flambée du virus. Tous les déplacements intérieurs sont suspendus et les magasins, fermés. Des milliers de personnes ont fui la capitale, Dacca, dimanche, ou acheté de la nourriture avant le confinement.

  • Venise vaccine en vaporetto

Vaccination à  bord d’un vaporetto, le 5 avril à Venise.

En Italie, en ce lundi de Pâques, les Vénitiens de plus de 80 ans habitant sur les îles Sant’Erasmo et Vignole peuvent se faire vacciner sur un vaporetto, le bateau-bus emblématique de Venise, transformé pour la journée en clinique flottante.

Cette initiative « a un double objectif », a expliqué la municipalité dans un communiqué. « Il s’agit à la fois de faire en sorte que les gens s’habituent à l’idée de se faire vacciner, et en même temps de permettre aux plus âgés, pour qui les transports peuvent être difficiles d’accès, de le faire à quelques pas de chez eux. »

Le Monde avec AFP et Reuters